Parler la langue du compositeur

Pour bien jouer un morceau, il faut apprendre à parler la langue de son auteur.  Cela signifie qu’il faut savoir phraser les notes. Comme dans une phrase, il y a des ponctuations, des silences, des pauses, des accentuations, des interrogations, des affirmations, des points, des virgules etc.

En musique c’est la même chose. Une phrase écrite se dit de différentes façons et n’aura pas le même impact selon le mot que vous accentuez. La phrase musicale est identique.

Vous devez reconnaître les débuts et les fins de phrases musicales. Et respirer! Apnée interdite ! Dans une phrase, on respire même si l’on interprète Shakespeare. Pour respirer au piano, il suffit de laisser remonter les touches un bref instant pour couper le son.

Vous devez imaginer ce que vous voulez entendre. Ne jouez jamais deux notes avec la même intensité. Pour cela il faut contrôler le poids de votre bras. Il est en suspension avec votre muscle deltoïde, qui fait la jonction avec votre épaule à la hauteur de la clavicule. Imaginez le bras d’une marionnette qu’on laisse tomber et que l’on relève, doucement et avec souplesse. En laissant tomber le poids de votre bras, attention, ce n’est pas le son des livres de la bibliothèque qui tombent par terre que l’on doit entendre, ni la vaisselle qui se casse. Comment posez-vous quelque chose de lourd mais de fragile à la fois? Attention ne vous crispez pas.

Il faut vous écouter de manière critique en contrôlant votre poids qui se déverse dans les touches du piano.  Ne pesez pas dans le clavier. Débloquez votre poignet et votre main se relèvera toute seule. Regardez vos gestes, la gestualité de vos mains. Vous devez aimez vos gestes et la chorégraphie qui se crée sous vos yeux.

Votre mémoire dépend aussi de cette gestualité qui sera adaptée à votre jeu et votre partition. Laissez vos mains danser sur le clavier.

Jouez d’abord les mains séparées, chantez la mélodie, appropriez -vous la musique. Pesez sur la première note, allégez la seconde.

Pour cela, pas de secret, travaillez Bach, Mozart ou encore Fritz Spindler. Et faites vous plaisir au jazz et au boogie.

Vous devez aussi trouver votre répertoire. Un musicien disait un jour qu’il ne saurait jouer un morceau qui s’avérait être un morceau très simple pour enfant. Parce que tout simplement ce morceau ne lui parlait pas. Un autre musicienne ne « sait pas  » jouer du Bach parce qu’elle ne supporte pas les contrepoints. Une autre est incapable de jouer des morceaux nostalgiques parce que cela lui demande de sortir trop d’émotion. D’autre ont du mal avec le rôle de composition et préfèrent jouer des morceaux qui sont proche de leur propre caractère. Aussi ne vous désespérez pas, si vous bloquez sur un morceau, ce n’est peut-être tout simplement pas votre tempérament.

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